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 (cesare), you always make it light.

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MessageSujet: (cesare), you always make it light.   Lun 30 Oct - 21:42

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Elle n’aimait pas beaucoup ça Isolde, le changement Elle avait grandi à Woodway et elle n’avait que rarement vu ce qu’il y avait en dehors de cette ville Très jeune, elle avait compris que c’était loin d’être la ville idéale, que c’était un coin du Texas qui ressemblait à tous les clichés qu’on pouvait avoir sur cet état. Elle était née dans une ville religieuse et loin d’être l’endroit le plus tolérant de la planète. Elle l’avait pris compris la première fois qu’elle s’était affichée avec une autre fille et ça avait été d’autant plus vrai, quand ce que les autres appelaient ‘problème mutant’ avait commencé à prendre de l’ampleur. Elle s’était accrochée, avec le besoin de défendre ses racines, profondément ancrées dans cette ville. Il fallait croire que pendant des années, elle n’avait fait que croire aux miracles. Elle avait été aveugle et naïve et on l’avait plus forcée à partir qu’autre chose. Tant que c’était sa vie à elle qu’on menaçait, plus ou moins directement, Isolde, elle se disait qu’elle pouvait faire avec, qu’elle était assez grande pour résister, mais quand il était question de sa fille, c’était une autre histoire, évidemment. Clara, ce n’était qu’un bébé qui ne faisait de mal à personne, mais elle avait été dépisté positive, ou au moins ‘gène dormant’ alors rapidement, c’était devenu le bébé à éviter à la crèche, presque comme si elle était malade et qu’elle allait refiler le virus aux autres enfants. Isolde, elle continuait à se demander si Clara avait vraiment manifester un don, ou si c’était juste une excuse qu’on leur avait servi, à Cesare et elle, juste pour justifier toutes les craintes qu’on pouvait avoir à l’égard d’une toute petite fille, qui savait tout juste marcher et n’articulait encore qu’une vingtaine de mots. C’était le Texas, alors est-ce qu’il fallait vraiment s’en surprendre ? Isolde, elle avait cru pouvoir changer un peu la vision que les gens pouvaient avoir des transmutants, elle était bien obligée de constater que ça avait été un cuisant échec.

Elle avait toujours su qu’elle finirait par quitter cette ville, mais là, elle avait l’impression d’avoir été déracinée de force pour des raisons qui la dépassait un peu. Boston, c’était complètement différent de Woodway et se faire à cette nouvelle ville, c’était loin d’être évident pour la blonde. On disait pourtant que le Massachusetts était un état dans lequel la vie était beaucoup plus simple qu’au Texas et elle voulait bien y croire Isolde, elle la voulait bien, la vie plus facile, mais clairement, ça faisait bizarre et puis ce n’était clairement pas tombé dans la bonne période de sa vie. Avec sa grossesse, elle aurait été obligée de s’arrêter de travailler à un moment, elle en avait bien conscience, alors, elle se serait retrouvée chez elle de la même façon, mais ça aurait été dans un environnement familier, une maison dans laquelle il n’y avait plus de cartons depuis longtemps. Là, même avec toute la bonne volonté du monde, elle en vidait un avant d’avoir l’impression d’être complètement exténuée. Peut-être que si elle avait un peu plus l’occasion de faire ce qu’elle voulait de cette maison, elle se sentirait un peu plus chez elle, mais il fallait qu’elle se repose, d’après le médecin. Malheureusement, ça ne faisait pas partie de son vocabulaire ça. Y avait autre chose qui la tracassait, c’était qu’au moins à Woodway, elle aurait pu reprendre le travail assez rapidement, là, elle n’avait pas de travail et c’était assez facile d’imaginer que se faire employer quand on était une femme avec deux enfants en bas âge, ça pouvait être compliqué. Plus elle discutait avec les femmes au foyer du quartier, plus elle se disait qu’elle ne voulait pas finir comme ça. Elles étaient gentilles, celles avec qui elle avait eu l’occasion de parler et elle respectait le choix qu’elles avaient pu faire, mais ce n’était certainement pas un mode de vie qui lui plairait à elle. Dès que Clara était endormie pour la sieste, la maison se retrouvait plonger dans ce genre de silence un peu stressant contre lequel elle ne pouvait pas faire grand-chose, souvent, elle allumait la télé quelques temps avant de se lasser et de l’éteindre à nouveau. Elle n’avait jamais été une fille particulièrement solitaire, alors quand elle restait trop longtemps toute seule dans cette maison elle avait l’impression d’angoisser plus qu’elle ne le devrait. Ça aurait été plus simple à Woodway, là où elle avait eu ses amis. Elle savait que c’était mieux comme ça, mais cette pensée, malheureusement, ne suffisait pas à tout arranger. Finalement, elle avait fini par s’endormir sur le canapé, le bouquin qu’elle avait commencé à lire, encore ouvert sur la poitrine. Au moins c’était le genre d’activité qui l’empêchait de penser à tout le reste et elle en avait bien besoin. Elle dormait un peu au rythme du bébé dans son ventre, s’il avait décidé de ne pas dormir de la nuit, elle ne dormait pas de la nuit, alors la sieste avait de nombreux avantages. Elle ne savait pas combien de temps elle avait dormi, mais elle se réveilla dans un léger en entendant la porte d’entrée. « Hey. » Elle n’avait pas besoin de se lever pour aller voir qui s’était, après tout, à part Cesare et elle, personne n’avait la clé de cette maison. « Ça a été ta journée ? » Y avait fort à parier qu’elle avait été un peu moins ennuyeuse que la sienne à elle. Elle balança son livre contre la table, tout en se redressant pour s’asseoir sur le canapé, avant de s’étirer un peu. Au moins, elle avait pu se reposer un peu, c’était mieux que les journées où elle était juste épuisée, quand bien même elle ne faisait pas grand-chose et ces journées étaient, encore plus frustrante que celle qui venait de s’écouler.
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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Mar 31 Oct - 2:36

S’adapter à Boston n’était pas facile. Pour personne ; ni pour Isolde, ni pour lui. Des ressentiments, peut-être, qu’ils gardaient pour eux plus qu’ils ne les livraient – pourtant, ça semblait flotter dans l’air partout autour d’eux, dans l’appartement, dans la vie quotidienne et les jours qui avançaient. Ils n’s’y faisaient pas, quand bien même il n’était plus question d’compter le temps depuis qu’ils étaient arrivés ici. Tout entre Boston et Woodway était différent ; l’air, les gens, l’atmosphère, c’qu’ils voyaient, c’qu’ils entendaient, c’qu’ils disaient. Parfois, le DeMaggio s’demandait s’ils n’auraient pas dû faire complètement table-rase, quitte à changer d’nom, changer d’tronche, changer leur histoire pour tous les autres. Peut-être avaient-ils déjà l’allure plus secrète qu’ils n’devraient vraiment l’afficher, méfiants et distants comme de vieux réflexes qu’ils gardaient d’autrefois. Ça faisait du DeMaggio un bon flic, il s’laissait peu distraire par les apparences, et souvent, il s’demandait si c’n’était pas ses réflexes de hunter qui remontaient jusqu’aux abords de son esprit. Il revoyait son père, sa mère, tous les gens qu’il avait côtoyés pendant des années et des années, calculateurs et froids, les bras croisés et insensibles aux peines, aux difficultés, aux peurs que d’autres pouvaient ressentir. Quand des songes de ce genre devenaient trop oppressants, des questions trop vives dans le crâne du brun, il essayait d’secouer la tête, d’juste passer à autre chose : ils n’étaient plus au Texas pour une raison, et c’était justement pour que cet autrefois reste le plus loin possible d’eux. De Clara. De leur futur bébé. Peut-être bien que s’il n’avait jamais été question, dans les bouches partout autour d’eux, des ‘pouvoirs de Clara’, ils n’auraient jamais saisi l’opportunité de plier leurs bagages comme ils l’avaient fait, quelques temps plus tôt. Ça n’avait pas été faute d’avoir porté l’impression déplaisante d’tourner en rond, prisonniers de cercles vicieux qui avaient toujours été dangereux pour eux. Est-c’qu’ils allaient vraiment avoir leur chance à une vie normale, maintenant qu’ils étaient ici ? Etaient-ils même capables d’savoir c’que c’était, une ‘vie normale’ ? Après des mois déjà à vivre comme ça avec Isolde, marié avec elle, père de famille omniprésent pour sa fille, gaga de celle-ci et désireux de voir la naissance de leur deuxième enfant, Cesare n’était pas encore totalement convaincu d’s’y être fait. D’après Isolde, c’était sans doute parce qu’ils étaient encore trop près de sa famille, trop près des temps pas si lointains qui avaient manqué d’tant leur en coûter. Et aussi, parce qu’il n’avait pas complètement trouvé sa voie. L’avait-il ici ? C’était mieux que mécano, il s’sentait utile, dans les bons moments ; ils étaient rares. D’autres s’limitaient à  glander dans une voiture, derrière un bureau ou dans les rues, à coller des pvs à ceux qui étaient censés le mériter. Aujourd’hui, ç’avait été une d’ces journées, l’genre d’actions répétitives qui le laissaient plus frustré qu’autre chose : y paraissait qu’il devait grimper les échelons, avant d’avoir quelque chose de tangible à amener à la société. C’était ça, ou opter pour la SPC ; on lui en parlait trop souvent, essayant de l’sonder à chaque ‘exploit’ qu’il accomplissait. Peut-être parce qu’il était un transmutant. Peut-être parce qu’il était vraiment efficace. L’éternel esprit méfiant du DeMaggio n’l’aidait pas à voir clairement ; il n’pouvait qu’interpréter les choses comme il les avait toujours connues. Il n’avait pas envie d’devenir un hunter à nouveau – pour l’compte de sa famille, du gouvernement, ou d’n’importe qui d’autre.

Flic, alors, c’était peut-être c’dont il devait s’contenter ; quelque-chose d’utile, quelque-chose qui, pour autant, n’ressemblait pas à la destinée à laquelle il s’était livré pendant de trop longues années. Sa frustration pourtant, il n’pouvait pas en parler. Pas vraiment. Parce que s’il en ressentait une quelconque, celle-ci devait être démultipliée dans la tête d’Isolde. Et elle non plus, elle n’en parlait pas des masses. Ils n’pouvaient pas revenir en arrière, direction Woodway à nouveau comme si déjà tous les habitants là-bas, tous leurs ennemis, les avaient oubliés. Ici au moins, on les oubliait pas mal – et pour l’heure, Clara n’avait pas utilisé ses pouvoirs en public ou il n’savait quel prétexte on leur avait servi, à Isolde et lui, pour justifier qu’on leur demande de s’occuper eux-mêmes de leur fille, là-bas, au Texas. Qu’est-c’qu’ils feraient, si ça devait arriver ? Et si elle était pyrokinésiste, mettant le feu partout autour d’elle à la moindre crise de colère ? Dans leur mariage, il était sans doute le seul à s’poser ces questions, quand Isolde, elle, avait toujours traité la mutation comme cette chose miraculeuse qui l’avait rendue exceptionnelle, et n’avait jamais rien changé de l’affection que son père avait eue pour elle. C’était différent d’son côté à lui – ouais, encore aujourd’hui, il n’pouvait pas blâmer les gens qui voudraient s’tenir le plus loin possible de lui. Ou de Clara. Il voulait cependant qu’la petite puisse avoir une vie normale, la plus normale qui soit ; qu’elle n’soit pas stigmatisée et montrée du doigt pour c’qu’elle était – bordel, il n’connaissait ça que trop bien. Boston, alors, ç’avait été un bon choix. Ou peut-être auraient-ils dû s’pencher sur New York et ses huit millions d’habitants, Hong Kong à l’autre bout du monde ou Pékin, où ils auraient été encore plus noyés dans la masse. Y’avait eu tout un temps où ils avaient semblé hésiter, osciller, entre une grande zone bien peuplée, ou un trou vide comme le coin le plus secret du monde, pour qu’ils s’y fassent oublier. Mais ils n’étaient pas prêts à s’lancer dans des trucs extrêmes, comme un genre d’autarcie secrète, où ils éduqueraient Clara en lui faisant l’école à la maison : elle et le futur bébé qui arriverait bien trop tôt, elles méritaient mieux que ça. Mieux que l’isolement, dont Cesare lui-même gardait encore des traces dans sa tête à lui. Ils faisaient avec, alors ; ils faisaient avec leur exil, que lui-même ressentait comme quelque-chose d’injuste, même si pendant des années et des années, d’aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir, il avait haï Woodway et tout c’qu’elle représentait – tous les gens là-bas, les rues, l’air, c’qu’on y voyait et c’qu’on y sentait. N’pouvaient-ils pas être bien, ici, à Boston ? Peut-être que c’n’était qu’une question d’temps. Il l’espérait en tout cas. Au moins, il était toujours content d’rentrer – il souffla longuement encore une fois, en passant la porte de la maison cette fois, refermant celle-ci derrière lui. L’accueil des chiens fut enthousiaste, ils avaient sans doute bien envie d’sortir, eux, d’aller se dégourdir les pattes : eux au moins, ils étaient excités pour un oui ou pour un non, c’en était presque une bonne humeur contagieuse. Celle qui attira son attention avant toute chose fut pourtant Isolde, quand bien même elle n’était pas venue jusqu’à lui, elle, visiblement endormie sur le canapé jusque-là. « Hey. » lâcha-t-il vaguement, avant de la retrouver, en s’asseyant à ses côtés. « Ca peut aller, on va dire… » c’est ainsi qu’il décrit sa journée – qu’il la décrivait la plupart du temps, dans une moue circonspecte : il savait que travailler dans la police, c’était la vocation d’Isolde. Que tout ça, ça devait être encore plus frustrant quand tout c’qu’elle avait à faire, c’était être installée dans cet appartement, à attendre que leur bébé finisse par sortir d’elle. Après quoi, elle se taperait un autre congé maternité, pour s’occuper de ce-dit bébé, toute la journée, toute seule. Chose qu’elle n’avait qu’à moitié faite pour Clara. A peine. C’n’était pas fait pour elle, tout ça. Au moins, il pouvait toujours s’rassurer, le brun, en s’disant que dans la police, quand elle y avait été, Isolde avait été plus gradée que lui, alors s’il devait vraiment lui raconter ses journées, elle n’serait pas tant jalouse que ça. « Et toi, ta journée ? » qu’il demanda, l’observant dans un sourire incontrôlable. « C’est pour toi, tiens. » il les avait presque oubliées, les fleurs qu’il avait ramenées à Isolde – ç’avait été presque un rituel au tout début, quand les visites s’étaient faites rares, qu’ils n’avaient pu se voir que discrètement, que trop peu de temps. Une habitude qui s’était perdue, faute de moyens hein, quand ils avaient vécu tous les jours ensemble. Maintenant, ils étaient en octobre ; l’anniversaire d’Isolde approchait, tout comme la naissance de ce bébé – et puis, offrir des fleurs était un bon prétexte pour fouiller dans les cartons presque ignorés, et chercher un vase. Peut-être trouveraient-ils d’autres choses intéressantes ; avec tout ça, ils n’avaient pas tant été déracinés que ça de leurs vies, en quittant Woodway.

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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Mar 31 Oct - 15:58

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Elle savait Isolde que partir de Woodway avait été la meilleure chose à faire. Avant qu'ils ne prennent la décision, Cesare et elle, ils en avaient déjà parlé plusieurs fois. Elle avait toujours su Isolde, que Cesare voulait partir mais qu'il restait parce que c'était ce qu'elle, elle voulait. Elle voulait rester pour finir ce qu'elle avait commencé, parce que ça lui tenait à cœur et qu'elle n'avait jamais été du genre à abandonner. Malgré ça, elle avait toujours su qu'ils partiraient après tout, si Cesare pouvait faire un sacrifice et rester pour elle, elle pouvait bien faire la même chose pour lui, elle pouvait accepter de partir pour lui. Elle aurait préféré que ça se fasse autrement, qu'ils partent parce qu'ils le voulaient, qu'ils prennent vraiment le temps d'en parler, d'y réfléchir et de faire ça à leur rythme. Au lieu de ça, on les avait presque mis à la porte. La discussion avait été courte. Si on leur laissait le choix entre partir et vacciner leur fille, ils partaient. Isolde n'était pas foncièrement contre ce vaccin, elle pouvait comprendre le choix de certains, mais elle connaissait les effets négatifs de ce vaccin et elle ne voulait pas prendre le risque de causer du tort à sa fille. Si jamais un jour Clara avait l'impression qu'elle ne maîtrisait pas son don ou qu'elle n'en voulait plus, pour une raison ou pour une autre, le choix viendrait d'elle, pas de ses parents ou des habitants d'une ville qui craignait les transmutants plus qu'ils n'essayaient de les comprendre. Alors Boston c'était vraiment la meilleure solution. Personne ne les connaissait et c'était facile de rester discrets dans une grande ville comme ça. Elle n'avait juste pas l'habitude, Isolde, elle n'avait connu que Woodway dans sa vie et Boston ça n'avait rien à voir. C’était dépaysant limite angoissant parfois, cette impression d'avoir perdu une bonne partie de ses repères. Heureusement, elle avec encore Cesare avec elle et souvent elle se disait qu'il était tout ce dont elle avait besoin.

Dans les faits, c'était plus compliqué. Il était là ouais et quand il était avec elle, elle n'avait aucune difficulté à oublier tout ce qui n'allait pas. Mais il travaillait et il fallait bien qu'il le fasse, ils avaient besoin d'argent pour vivre et elle, elle ne pouvait pas faire grand-chose, enceinte comme elle était. Il partait le matin, des fois, elle n'était même pas réveillée, d'autres elle était trop épuisée pour se lever en même temps que lui, alors, ils ne se voyaient pas forcément beaucoup le matin et le soir, ça dépendait de l'heure à laquelle il rentrait. Souvent alors elle avait l'impression de passer plus de temps toute seule qu'avec lui et elle n'allait certainement pas être le genre de femme qui le lui rapprocherait mais ça n'aidait pas forcément son moral. Au moins ça ne la dérangeait pas d'avoir été réveillée par le bruit de la porte d'entrée, au contraire. S’il l'avait trouvée encore endormie il n'aurait pas osé la réveiller, elle en était certaine. Elle se rapprocha pour l'embrasser quand il s'installa à ses côtés sur le canapé. « Au moins les journées peu mouvementées dans la police, c'est bon signe, ça veut dire qu'il s'est rien passé de trop grave. » elle haussa légèrement les épaules, un sourire fur les lèvres. Dans le fond c'était sans doute diffèrent à Boston, y avait plus de monde et la ville était moins bordélique. Elle n'avait pas eu beaucoup de journées calmes dans la police de Woodway, au moins elle ne s'était jamais ennuyée. C’était diffèrent maintenant qu'elle était coincée à la maison. Alors elle, sa journée elle n’avait rien eu de passionnant. « J’ai essayé de ranger un peu et je me suis endormie un peu après avoir mis Clara à la sieste. » Elle n’avait pas fait grand-chose de la journée en somme, alors y avait rien eu de franchement passionnant à signaler. Au moins, les fleurs de Cesare, il la rendait plus jolie sa journée. Ça lui faisait plaisir et le sourire sur ses lèvres s’en élargit, alors qu’elle attrapait les fleurs. « Merci, c’est gentil. » Elle n’avait aucune idée d’où étaient les vases, dans les cartons, fallait bien admettre que ça n’avait pas été dans ses priorités jusqu’à présent de trouver le carton avec les vases. Elle avait tendance à déballer surtout ce dont elle avait besoin sur le moment. « Va falloir qu’on retrouve les vases. » Elle en profita pour se relever du canapé, elle avait besoin de se dégourdir un peu les jambes, alors elle pouvait bien aller jusqu’à la cuisine pour chercher si y avait pas un vase par là. Elle posa les fleurs sur la table le temps de fouiller ici et là, elle allait bien finir par les retrouver ces fameux vases.
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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Mer 1 Nov - 16:11

C’était difficile, même pour lui, d’s’adapter au changement. D’aussi loin qu’il se souvenait pourtant, il n’avait jamais été le plus grand fan de Woodway – probablement parce que plus jeune, il avait encore été accroché au Nouveau-Mexique, sa terre natale et les souvenirs plus agréables qui y étaient rattachés. La transition de Roswell à Woodway n’avait pas été des plus plaisantes : le déménagement s’était non seulement accompagné de tout un tas de nouveautés dont il se serait bien passé, Cesare. Mais ç’avait aussi déclenché l’apparition de la chasse dans sa vie, comme si ses géniteurs avaient eu besoin de les déraciner, Aria et lui, pour bien s’assurer qu’ils étaient prêts à avoir le cerveau lavé par leurs préceptes. Seul ; il s’était senti seul, ouais, à Woodway, un sentiment terriblement pesant quand les gens étaient si peu nombreux, qu’les visages étaient les mêmes, que l’indifférence de certains s’répétait à l’infini avec les jours qui se succédaient les uns aux autres. Ses voisins ignoraient les signes évidents des maltraitances insidieuses qui se passaient entre les murs de la maison, tous les jours d’la semaine, toutes les semaines de chaque mois, et pendant tous les mois de l’année. Y’avait jamais eu d’trêve, jamais eu d’espoir, jamais eu quelque signe encourageant vers quelque direction que ce soit, en dehors de l’emprise des DeMaggio. On les avait tous volontiers laissés à leur situation merdique, sans jamais lever le petit doigt – tous les habitants du coin avaient été particulièrement talentueux dans l’art d’prétendre qu’ils ne voyaient rien. Au moins, Isolde et lui pouvaient s’accrocher à l’évidence que c’qu’ils avaient fait en quittant Woodway cette fois, ç’avait été pour la sécurité de Clara. Se sentait-elle déracinée ? Difficile à dire, elle était si petite et de toute manière, elle aurait déjà eu à subir de nombreuses conséquences injustes d’un soi-disant événement dont personne n’avait la moindre preuve. Tout ça à cause de ce foutu dépistage : ne l’avaient-ils pas su, tous les deux, que ça créerait des problèmes, dès qu’ils avaient reçu cette foutue convocation ? Quel bébé d’un an à peine pouvait être dangereux à cause d’une mutation qui surgirait soudainement, comme ça, au milieu de la journée ? Peut-être que ça existait ; lui, dans sa carrière de hunter, on n’lui avait au moins jamais demandé de tuer un nouveau-né dans son berceau. Probablement que ça n’aurait jamais été la pitié qui aurait retenu Rafael ; non, évidemment que ç’avait été autre chose que quelque trace d’humanité qui soit. Impossible, alors, d’savoir ce qui aurait pu arriver si Isolde ou lui avaient décidé de s’accrocher à Woodway, à cette foutue crèche ou aux droits d’leur fille, à être traitée comme n’importe quelle gamine de cette foutue ville. Lui, il avait tout de suite su qu’il préférait n’pas essayer d’savoir ; au fin fond du Texas, avec les souvenirs qu’ils avaient en commun tous les deux, ils avaient pu déjà, imaginer que les choses n’tourneraient pas en leur faveur. Ils avaient au moins quitté Woodway sans encombre, et sans que Rafael n’apprenne même l’existence de Clara, ou du futur bébé grandissant dans le ventre d’Isolde. Et Cesare, tant il était habitué aux malheurs, jugerait presque ça comme un coup d’bol inouï. C’était fait, maintenant ; ils n’pourraient pas faire demi-tour, et quels que soient les événements, jusque-là, le DeMaggio n’en avait pas ressenti l’envie.

C’était bizarre, ouais, d’porter le sentiment de devoir reconstruire toute une vie comme ça, alors qu’elle venait d’être suspendue bien vite, par des gens qui s’étaient manifestés comme si de rien n’était, s’mêlant de choses qui ne les regardaient pas. Clara était trop vite devenue le sujet sur toutes les lèvres, tout ça à cause d’une pastille noire sur les papiers d’identité qu’ils avaient dû fournir à la crèche – c’était comme si elle était une délinquante, un monstre pire que des gens comme Rafael, ou tous ceux parmi lesquels le brun avait grandi, plus jeune. C’était tant mieux, alors, qu’ils soient partis ; tant mieux que Clara ait toujours été trop petite pour entendre les paroles qu’Isolde et lui avaient, eux, pu saisir au vol. Après tout, la petite était un bébé avec une pastille noire, mais ses parents, eux, étaient encore pire : des bêtes de foire fichés comme des dangers publics. Dans la police encore ici, à Boston, ça semblait être c’dont beaucoup de gens parlaient en premier lieu ; ses supérieurs le savaient, tous ceux qui l’entouraient devaient le savoir, comme si c’était une possibilité, que subitement, il s’retourne contre tous ceux qui étaient autour de lui, et utilise son pouvoir à vue. Il n’savait pas encore vraiment, alors, si sur le long terme, on allait vraiment l’traiter comme quelqu’un de normal ou si toute cette histoire, cette génétique immuable, n’était pas juste destinée à toujours être problématique. Qu’est-c’qu’il se passerait pour eux, l’jour où ils installeraient un Président contre les mutants, dans le Bureau Ovale ? Boston non plus, n’avait pas réussi à apaiser c’genre d’inquiétudes, toujours présentes en Cesare. « Ouais, non… il s’est rien passé de trop grave. Ou alors c’était pour quelqu’un d’autre. » il haussa les épaules, traduisant du peu de conviction qu’il avait à c’niveau-là. Au moins, quand il avait été mécano dans un garage minuscule, on n’lui avait rien demandé, il avait pu faire son job sans que ça n’pose de problème à qui que ce soit, et sans porter l’sentiment que c’était écrit sur son front, qu’il était un transmutant. Rentrer lui rappelait qu’il avait toujours quelqu’un dans son camp : quoiqu’il advienne, Isolde était toujours là. Il n’savait pourtant pas, si c’était le dépit qui gouvernait les journées de la jeune femme, ou si elle s’adaptait au moins un peu ; s’ils seraient capables de surmonter tout ce qui les avait amenés ici. Et si elle n’laissait jamais vraiment Woodway derrière elle ? Si le goût d’inachevé devait finir par complètement la ruiner ? Il n’savait pas quoi faire, pas quoi penser, juste persuadé qu’ils avaient été forcés d’partir, plus que ça n’avait été une décision ; la maison, au moins, elle existait toujours tant qu’ils étaient tous ensemble. Où qu’elle soit ; Boston ou Woodway, ou n’importe où ailleurs. Il arrivait encore à la faire sourire, la blonde, même avec un geste comme des fleurs, qui avait tant fait débat entre eux deux à une époque, parce que la Saddler n’était pas une grande classique, fan des gestes romantiques typiques, vus et revus. Dans un soupir, en laissant Isolde se relever, il se pencha lui, vers un carton un peu plus loin, l’amenant à lui pour commencer à fouiller dedans. Peut-être bien qu’ils devraient commencer à s’inquiéter d’tout ça – la naissance du bébé approchait à grands pas, et ils n’avaient ni décidé du prénom de celui-ci, ni fait quoique ce soit pour qu’il ait une chambre. Même à Woodway, ils n’avaient pas été plus avancés. Pour l’heure, ils se prenaient surtout la tête pour un vase, c’était toujours plus simple. « J’me demandais, si tu préférais que Clara aille à la crèche la journée… De toute manière, j’suppose qu’on est pas prêts d’en trouver une. » il marmonna, blasé, amer. Pourtant, ce serait plus facile pour Isolde, que de se balader enceinte jusqu’au cou à s’occuper de leur première fille ; ou pire encore, après tout ça, de s’occuper la journée, de deux enfants très jeune, toute seule. Oui, c’était loin du passé qu’elle avait connu y’a pas si longtemps, celui qui était contenu dans ces cartons encore trop frais ; c’était c’qu’ils avaient, maintenant.

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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Mer 1 Nov - 21:26

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Boston, c’était une grande ville, un endroit qu’elle ne connaissait absolument pas Isolde, elle avait encore tout à découvrir dans cette ville et ça suffisait à l’angoisser. Elle aimait avoir ses habitudes la blonde et là tout avait été complètement chamboulé, c’était perturbant et sans doute que le fait qu’il y ait encore plein de cartons qui se baladaient, ici et là, ça ne l’aidait pas. C’était souvent le matin, qu’elle se motivait en se disant que cette fois, elle allait tout ranger et puis finalement, elle laissait tomber, prise de douleurs ou parce que Clara demandait la totalité de son attention. Elle arrivait quand même à se mettre plein de projets en tête quand elle réfléchissait à ce qu’ils pouvaient faire pour décorer les lieux, elle avait beaucoup d’imagination et un côté artistique qui ne demandait qu’à s’exprimer, mais c’était comme les cartons, elle n’arrivait jamais à aller au bout de ses projets à cause du bébé qu’elle avait dans le ventre, ou de Clara. Pourtant, passer du temps avec Clara, ça avait au moins le mérite de lui donner l’impression que les journées étaient un peu moins longues. De toute façon, elle se disait qu’il était trop tard niveau de sa grossesse pour se lancer dans des grands projets de bricolage ou de peinture. Elle avait pu le faire dans la première chambre de Clara, parce qu’elle s’y était pris assez tôt et parce qu’y avait eu personne pour lui dire de se ménager. Là, y avait Cesare qui lui dirait probablement que ce serait une mauvaise idée et puis sa conscience aussi, le lui dictait. Alors elle avait vraiment l’impression d’être paralysée. Elle avait envie de se sentir mieux ici, de se sentir chez elle, même quand elle n’était pas lovée dans les bras de Cesare, mais elle ne pouvait rien faire pour améliorer ça, tant qu’elle était enceinte, ce serait dangereux pour elle, comme pour le bébé.

Elle se contentait de faire avec, alors, en se disant qu’au moins, d’ici quelques semaines, elle aurait accouché et que ce serait plus simple pour elle d’aménager les choses comme elle le voulait. Il lui faudrait peut-être un peu de temps pour se remettre de l’accouchement, mais ça avait été assez rapide après Clara, parce qu’elle était du genre à ne pas tenir en place de toute façon. Mais, elle se disait aussi qu’avec deux enfants à gérer, elle n’aurait peut-être pas le temps. Au moins, à Woodway, elle avait pu facilement faire ce qu’elle voulait de sa maison et à la fin, elle avait ressemblé à ses yeux, à un genre de cocon dans lequel elle s’était sentie bien et en sécurité. Ce n’était pas ce qu’elle ressentait ici. Y avait plein de trucs qui n’allaient pas ici et c’était difficile, de toute façon, de se sentir complètement en sécurité quand on venait de se faire virer d’une ville, parce que les gens de là-bas ne supportait pas ce qui était différent. Clara n’avait été qu’une enfant et pourtant, elle n’avait pas grand-chose de menaçant, pas ça, personne n’avait voulu l’entendre, évidemment. Au moins, ici, personne n’avait encore menacé la vie de leur fille et ils n’avaient pas choisi le Massachusetts par hasard. C’était un état dans lequel on acceptait un peu mieux les différences, même si comme partout, y avait encore du monde pour se méfier des transmutants comme de la peste. « Mieux vaut se dire qu’il ne s’est rien passé de grave, c’est plus optimiste. » Ouais, elle aussi dans la police, au début, elle avait préféré se dire ça plutôt que de penser qu’on avait pas confiance en elle, pas à cause de sa mutation, ça avait été encore un secret à l’époque, mais parce qu’elle était une femme et qu’on la pensait plus facilement secrétaire que flic. Elle était partie dans la cuisine, en quête d’un vase, pour les fleurs que Cesare lui avait rapportées, ils devaient bien avoir ça quelque part après tout. « On aura peut-être plus de chance ici qu’à Woodway. » C’était pour ça qu’ils étaient venus ici après tout nan ? Pour avoir la paix, malgré la pastille noire sur la carte d’identité de leur fille. S’ils devaient avoir du mal à trouver une crèche, ce serait parce qu’ils avaient déjà trop de monde et ça, ça arrivait à tous les parents non ? Elle voulait que ça se passe comme ça Isolde, elle avait besoin que ça se passe comme ça, parce que si les choses devaient être identique à Woodway et à Boston, qu’est-ce qu’ils leur resteraient hein ? « Je préfère la garder avec moi de toute façon. » Elle se sentait quand même moins seule avec Clara et puis elle aimait passer du temps avec sa fille, même si, évidemment, à la longue, elle avait l’impression de manquer un peu de contact avec des adultes, mais elle aimait sa fille, alors elle n’avait pas envie de la confier à quelqu’un d’autre, tant qu’elle était à la maison pour s’en occuper. « On peut toujours commencer à chercher pour plus tard. » La dernière fois, elle avait utilisé son statut de maire pour avoir une place à la crèche en s’y prenant au dernier moment, ici elle ne pouvait pas faire ça, alors il fallait bien qu’ils fassent comme tout le monde et attende des mois pour savoir si oui ou non, ils avaient possibilité de laisser leurs enfants à la crèche. « Et puis, il faut qu’on trouve quelqu’un pour la garder quand je serais à l’hôpital. » Quelqu’un qui accepterait de les aider en urgence, parce qu’elle ne pouvait pas dire aujourd’hui, quand est-ce qu’elle allait accoucher. A Woodway, ils avaient quand même eu quelques amis, en qui ils avaient assez confiance, ici, ils ne connaissaient pas grand monde. Ils ne pourraient pas emmener Clara à l’hôpital et elle n’avait pas envie de se retrouver de nouveau toute seule dans la salle d’accouchement, alors ils devraient bien trouver une solution. Ça faisait partie de ces trucs qui l’angoissaient considérablement au fil du temps et des contractions qui étaient de plus en plus douloureuses, bien qu’encore rares et non inquiétantes.
 


Dernière édition par Isolde Saddler le Dim 5 Nov - 18:40, édité 2 fois
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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Dim 5 Nov - 3:56

La vie à Woodway avait laissé plein de cicatrices. Dans les esprits, sur les corps, et en plein dans les mémoires ; Cesare avait toujours su, que si c’choix n’tenait qu’à lui, il embarquerait Clara le plus loin possible de cet endroit, avant qu’elle n’ait le temps de réaliser à quel point le monde pouvait être pourri et dangereux. Peut-être qu’elle le découvrirait tout autant ici à Boston, d’ici quelques années, pour quelque raison que ce soit, parce que l’monde entier aurait éclaté dans une guerre gigantesque à cause des transmutants, ou parce que comme à la crèche quand elle était toute petite, les gens ici ou là, s’mettraient à la juger sur la pastille de couleur exhibée sur ses papiers d’identité. Il y avait déjà des murmures qui se diffusaient ici ou là, particulièrement entre les murs d’un poste de police ; des pays qui parlaient de refuser l’accès de chez eux, aux étrangers qui seraient prouvés transmutants. Et un peu comme quand il avait été en plein dans la chasse, noyé par sa condition, Cesare n’préférait pas y penser plus que de mesure, à tout ça : ni Isolde ni lui n’avaient, pour le moment d’toute façon, dans l’idée d’aller voyager où que ce soit – déménager à Boston avait déjà été bien assez compliqué. Tant et si bien que ce qui aurait dû être une décision évidente et irréfutable à l’esprit du DeMaggio, était en réalité plus compliquée à vraiment digérer. Est-c’qu’ils seraient vraiment mieux ici, dans le Massachussetts ? Ses sentiments, si évidents vis-à-vis de Woodway, il savait qu’ils n’avaient jamais été complètement partagés par Isolde ; avait-elle, elle, accepté qu’ils aient dû partir, ou était-ce différent dans sa tête ? Insidieusement, le brun n’pouvait s’empêcher d’avoir ces questions en tête, tournant au fond de son crâne et creusant plus profondément ses doutes, alors qu’ils semblaient surtout, tous les deux, faire avec. Qu’est-ce qu’ils avaient à regretter de là-bas, pourtant ? Les coups de poignard qu’ils s’étaient pris, et qui les avaient conduits à l’hôpital ? La torture qu’Isolde avait subie à un moment, pendant de longues heures, avant qu’on arrive enfin à remettre la main sur elle ? Les constantes menaces des deux camps, de plus en plus dangereux et impulsifs ? La peur qu’ils avaient déjà partagée tous les deux, quant à la sécurité de Clara, ou de tout avenir qu’ils pourraient essayer de construire, en plus de ça ? Peut-être bien que la longueur d’la liste de leurs invités pour leur mariage aurait dû être un indice en soit – après tout c’qu’ils avaient fait, tout c’qu’ils avaient subi, leurs alliés, leurs amis, s’étaient limités à une poignée de gens. Et dans tout ça, pour lui en tout cas, Gabriela s’était volatilisée du jour au lendemain sans donner d’nouvelle – et Skylar… Skylar était partie, elle aussi, sans un regard en arrière, rien d’autre que quelques mots qui avaient été plus frustrants qu’autre chose. S’il devait choisir, alors, Cesare, il voudrait bien essayer d’prendre le maximum de c’qu’ils pouvaient avoir là ; dans sa tête, ça n’pouvait pas être pire que c’qu’ils avaient connu et enduré à Woodway, ni tout ce à quoi ils avaient survécu, Isolde et lui, ensemble ou séparément.

Non, il n’devrait rien y avoir pour leur manquer ; ils étaient bien, tous les trois, même ici, non ? Clara semblait bien vivre le déménagement, à croire que c’n’était qu’à eux deux que tout ça posait problème, sans qu’ils n’expliquent vraiment pourquoi ou comment. Pour Cesare, c’était surtout l’impression que tout ça, c’n’était pas assez pour Isolde ; le sentiment le plus frustrant qu’il pouvait avoir à porter en lui, avec un quotidien oscillant de façon imprévisible entre le bon et le mauvais. Il avait trouvé un job assez vite, en ville, et être flic était censé donner plus de sens à son changement de vie, que les heures qu’il avait perdues, à essayer de jouer les mécaniciens, les hommes qui pouvaient totalement regarder ailleurs, et aller à l’encontre de leur nature. Avoir d’quoi au moins garantir leur vie quotidienne à Boston, un pied bien ancré dans le réel d’un présent qui se profilait à l’horizon, avec toute une famille dépendant de tout ça, ç’avait été une bonne chose, alors, sans conteste. Pourtant, la vie de tous les jours en elle-même, avait un autre arôme, plus difficile à cerner, qui laissait parfois de sales goûts dans la bouche. N’était-ce que la frustration de jouer les femmes au foyer, pour l’instant, qui laissait Isolde si mal à l’aise dans toute cette situation, ou n’était-ce qu’un sentiment voué à grandir, encore et encore, avec le temps ? Des fleurs, alors, probablement que ça n’pourrait rien arranger à tout ça – c’était juste un bouquet, un petit geste de rien du tout. Et pour le reste, Cesare n’savait même pas ce qu’Isolde pouvait vouloir, ou ce dont elle pouvait avoir envie ; est-c’qu’elle avait envie qu’ils essayent, quand même, qu’ils fêtent son anniversaire, même s’ils n’étaient plus à Woodway, cette ville où elle avait passé connu tant d’anniversaires, avec son père ou avec Anthea, avant tout ça. Beaucoup d’choses avaient changé, ouais, mais est-c’que c’était forcément une mauvaise chose ? Quelque-part, ses instincts lui dictaient de n’pas poser la question – de n’pas s’interroger lui-même ; mais c’était plus fort que lui, tous les jours, ce songe s’forçant un chemin jusqu’à sa tête, quand il rentrait, et qu’ils en étaient toujours… . Comme si n’pas déballer les cartons était la meilleure façon de n’surtout pas s’acclimater à la vie qu’ils pouvaient avoir ici. Comme si le passé était plus important que le présent qu’ils étaient déjà bien chanceux d’avoir. « Essayons d’être optimistes, alors, ouais... » il se retrouva à marmonner, d’un ton plus sceptique qu’il ne l’aurait dû, sans doute. Optimistes, c’n’était pas l’adjectif qu’on utiliserait pour parler d’eux deux, en ce moment. Pourtant, de quoi est-c’qu’ils pouvaient se plaindre ? Cesare avait presque cru que s’éloigner de Woodway, s’défaire de l’emprise de ses parents, d’sa famille là-bas, de tout c’qu’il avait connu de mauvais et de déplaisant au Texas, serait comme une bouffée d’air frais. Mais il était resté, hein, resté pendant des mois, même pendant des années, pour Isolde – peut-être aurait-il même pu tenir plus longtemps que ça, mais ils étaient là, maintenant. Et ici, ç’avait tout pour être assez. Qu’ils le veuillent ou non, d’toute manière, la vie continuait de tourner ici, et Cesare se retrouva à ricaner pour lui-même, en entendant toutes les choses que la blonde énumérait déjà ; « Faut croire qu’on a beaucoup de choses à trouver, en peu de temps. » ça n’avait sans doute pas été le temps idéal pour s’plonger dans un déménagement – ça, ils ne l’avaient pas décidé eux-mêmes. Pas complètement. Mais si la sécurité de Clara avait été mise en péril, y’avait pas eu d’hésitation à avoir. Point barre. Lui, il savait d’toute façon, que même à Woodway, il n’se serait pas senti capable de trouver quelqu’un de confiance pour s’occuper de Clara, en privé, comme ça. Ici, ce n’serait pas différent, si bien qu’il en soupira pour lui-même, bien content d’avoir au moins trouvé un vase dans les cartons, histoire d’pouvoir aider sur quelque-chose. Il se leva donc du canapé, pour rejoindre Isolde, lui amenant le fameux vase par la même occasion. « Rien que ça… faudrait commencer à étudier le chemin le plus rapide jusqu’à l’hôpital le plus proche. » qu’il rit à nouveau, sardonique plus qu’autre chose ; pourtant, c’était bien vrai, il serait bien incapable de s’rendre à l’hôpital du coin, là, en embarquant dans sa voiture. « Trouver un médecin pour encadrer cette grossesse n’serait pas une mauvaise idée non plus... » c’en était presque effrayant maintenant, toute cette histoire – ils avaient été déracinés, complètement déracinés de Woodway. Et c’n’était pas parce que ç’avait été un endroit qu’il avait détesté, lui, que ça n’en restait pas moins la chose la plus déstabilisante qui soit. Mais il avait Isolde, et elle l’avait lui ; c’était censé aider, déjà, non ?

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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Dim 5 Nov - 18:40

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Elle voulait que les choses marchent, ici à Boston, Isolde, mais c’était difficile de tout abandonné derrière soi pour commencer une nouvelle vie à l’autre bout du pays. Elle l’avait dit plusieurs fois à Cesare, qu’elle était prête à partir si c’était ce qu’il voulait, mais elle n’avait jamais imaginé que ça se ferait avec autant de précipitation. Là, ça avait été vraiment soudain, ils avaient été obligé de choisir un endroit où aller en un rien de temps et Boston était une très jolie ville, mais y avait encore des moments où elle se demandait pourquoi Boston ? Et fallait bien l’admettre trouver une maison dans une ville comme celle là, ce n’était pas pareil que dans une petite campagne. Quand elle avait acheté sa maison à Woodway, elle l’avait choisi à l’extérieur de la ville pour plusieurs raisons. La première c’était un choix stratégique, si elle avait des ennemis à Woodway, autant s’en éloigné un peu pour assurer la sécurité de sa fille et la sienne au passage. Ensuite, ça avait été aussi un choix financier, plus on s’éloignait de la ville, moins c’était cher, alors forcément, ici à Boston, pour plus cher que ce qu’elle avait dépensé, ils n’avaient pas le même espace que ce qu’ils avaient eu à Woodway. En plus de ça, elle avait quand même l’impression qu’ils avaient été obligés de faire un choix rapide pour avoir un toit sur la tête et c’était quand même dommage. Elle aurait voulu avoir plus de temps pour mettre ça en place. Elle aurait au moins voulu attendre la naissance du bébé, ça aurait forcément été plus simple pour elle à se moment là. Enceinte jusqu’au cou, elle ne pouvait pas faire grand-chose, même vider les cartons c’était trop difficile, alors fallait pas lui demander en plus de se lancer dans un projet de décoration d’intérieur. Ce déménagement, il avait été trop rapide et au mauvais moment, pour que ce soit facile de s’y habituer.

Mais elle ne baissait pas les bras Isolde, elle ne se contentait pas de bouder dans son coin pour exprimer son mécontentement comme une adolescente qu’on aurait éloigné de sa petite vie et de ses amis. De toute façon, la plupart de ses amis avaient quitté la ville avant elle, parce qu’ils avaient compris que cette ville craignait et qu’il fallait qu’ils se barrent rapidement s’ils ne voulaient pas se faire tuer. Isolde, elle, fallait croire qu’elle avait mit du temps à l’enregistrer ça. Il avait fallu que le danger planant sur Clara devienne concret pour qu’elle accepte de quitter cette ville. Est-ce que c’était idiot, d’y avoir été tant attachée ? C’était là qu’elle avait grandi avec son père, c’était là qu’elle avait connu de belles années, avec sa meilleure amie. C’était aussi là où elle avait rencontré Cesare, là où Clara était née, là où elle s’était mariée. Alors ouais, y avait tout un tas de mauvais souvenirs à Woodway, mais y en avait aussi des vraiment beaux. Ils en auraient d’autres, des beaux souvenirs, ici à Boston, elle n’en doutait pas, ils allaient avoir un autre bébé, après tout ici, alors c’était un bon indice. Mais, forcément, ça lui faisait encore bizarre d’avoir tracé un trait sur sa ville natale, sur la ville dans laquelle elle avait passé vingt-sept ans de sa vie. Fallait essayer d’être optimiste alors, c’était quand même mieux que de se morfondre pour une raison ou pour une autre. Ça finirait bien par aller, malgré la tonne de choses qu’ils avaient à régler. « Ouais. » Qu’elle répondit dans un soupire, comme si ça lui semblait épuisant d’avance d’avoir à s’occuper de tout ça. Pour sa défense, y avait des jours où aller chercher le courrier ça lui semblait être le truc le plus exténuant qu’on puisse lui demander, alors évidemment gérer tout ça, c’était loin d’être évident quand on était enceinte de huit mois. « Merci. » Elle lui adressa un sourire en récupérant le vase qu’il avait fini par trouver et dont elle s’occupa bien vite, mettant un peu d’eau dedans avant d’y mettre les fleurs. Finalement, déjà un bouquet de fleur ça donnait un peu plus l’impression d’être chez soi et pas dans une maison complètement inconnue. « J’vais prendre rendez-vous dans l’hôpital le plus proche et on aura qu’à chercher le chemin le plus pratique pour y aller. » Pratique ou rapide, ça dépendait de l’heure à laquelle ils devraient y aller à l’hôpital, elle n’avait pas franchement envie de se retrouver à accoucher au milieu des bouchons. « Peut-être qu’on devrait opter pour un accouchement à domicile, apparemment, d’après  la voisine, c’est le top. » Elle leva les yeux au ciel, parce que c’était la version courte, du récit de la voisine qui lui avait tenu la grappe un moment avec son histoire d’accouchement à domicile. « Je rigole hein, il est pas question que j’accouche ici. » Ici, ça ne voulait pas dire cette maison à Boston, comme si c’était le pire endroit du monde, non, ça aurait été le même discours à Woodway et Cesare il devait bien savoir pourquoi, après tout, il avait été spectateur de ses angoisses la première fois, et ce n’était pas franchement différent cette fois. Elle craignait les complications, diverses et variées et était persuadée que c’était plus facile à gérer dans un hôpital que chez soi. Après tout, s’il fallait faire une césarienne d’urgence, elle n’avait pas franchement envie qu’on lui ouvre le bide chez elle. Ça avait beau être plus naturel, plus rassurant que de se retrouver dans une chambre d’accouchement froide et stérile, elle restait certaine Isolde que l’hôpital restait plus prudent.  
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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Sam 11 Nov - 1:25

Sans doute avait-il arrêté d’y croire, à un moment, aux possibilités qu’un jour, il pourrait s’en sortir. Ils pourraient s’en sortir ; Isolde, lui, et Clara ou tous les enfants qu’ils auraient encore à l’avenir. Y’avait bien eu un temps où, penché par-dessus le berceau de sa fille, il n’avait fait que s’imaginer lui amener toutes les misères du monde, la pire génétique qui soit, l’histoire de famille la plus désastreuse qu’on puisse imaginer, et rien d’autre que ce qui serait soit de lourds secrets, soit des vérités bien trop insupportables. DeMaggio n’était pas le nom qu’il voulait transmettre à ses enfants – ça n’avait pas été le cas à Woodway, en tout cas ; à Boston, il n’savait pas vraiment. Qu’est-ce que ce nom signifiait, ici ? Probablement rien, dans les masses de gens qui allaient à toute vitesse dans les rues, sans vraiment prêter attention aux autres – un très grand changement du fin fond du Texas où il avait grandi, scruté sans pour autant être aidé par qui que ce soit. Des traces d’autrefois demeuraient, mine de rien : ce patronyme qu’il portait était toujours celui qu’il avait partagé avec sa famille. La base de son identité de hunter, un nom sacré presque, passé de génération en génération comme une couronne bien trop lourde sur la tête. C’était le nom des gens qui avaient poussé sa sœur au bord du précipice, le nom de ceux qu’il avait connus toute sa vie, tant aveuglé par les habitudes, qu’il n’s’était rendu compte que bien trop tard, des abus qu’on lui avait faits subir. C’était aussi, évidemment, le nom des gens qui avaient un jour débarqué dans la vie d’Isolde, et ruiné toute une part de son existence – son père avait tué celui de la jeune femme, il avait tué Anthea également ; et combien d’autres personnes ? Y penser lui rappelait juste, au brun, à quel point il était chanceux de s’retrouver là où il était. Au côté d’la femme qu’il aimait, et qui l’aimait malgré tout – toutes les choses qu’il avait dites et faites, celles qu’il n’avait pas eu la force de raconter. Il y avait bien sûr, eu une part de lui quasi-certaine qu’Isolde, elle ne le suivrait pas forcément où qu’il aille – il était l’premier à s’demander, souvent, comment elle pouvait être avec lui, d’toute manière. Et avec toutes les épreuves, tous les moments à partir à reculons, toutes les menaces, les séjours à l’hôpital, les difficultés, il avait fini par s’réserver, une place sûrement bien réaliste, dans sa tête, à imaginer ce qui se passerait si tout tournait mal. S’ils n’s’en sortaient jamais ; s’il était juste condamné à être Cesare DeMaggio pour le restant d’ses jours, porteur des âmes qu’il avait détruites ou ruinées au cours d’sa vie, aveuglé et désespéré. Boston était différente, alors, d’toute évidence ; ici, ils n’étaient personne en particulier. Ils avaient même eu des voisins qui étaient venus leur amener des gâteaux à leur arriver pour les accueillir, comme l’auraient fait des personnages des téléfilms qu’il s’était coltinés, quand il avait été alité après son passage à l’hôpital. Il serait bien l’premier à juger que c’était presque un monde parallèle, en comparaison de c’qu’il avait connu, lui, ou de ce qu’Isolde et lui avaient été habitués, à Woodway, même quand ils s’étaient enterrés dans la campagne à la sortie de la ville. Ils avaient voulu s’faire oublier, non ? Là ils l’étaient ; et le brun essayait surtout de n’pas, au quotidien, s’faire rattraper par la question défaitiste du ‘pour combien de temps ?’. Ici, il n’y aurait pas de groupe mutant, non ? Pas de quête vengeresse sur laquelle se lancer à corps perdu, hein ? Pas d’ennemi à même de remettre la main sur eux. Peut-être que c’était trop beau d’imaginer ça déjà, ou peut-être était-ce trop différent de tout c’qu’ils avaient connu, ce qui les avaient construits et érigés en tant que personnes.

Qui n’pourrait pas aspirer à un peu d’tranquillité, après tout c’qu’ils avaient subi, pourtant ? Cesare, quand il se réveillait le matin, que son cerveau s’mettait en route, qu’il se souvenait du déménagement, du fait qu’ils étaient à Boston désormais, il s’disait qu’ils le méritaient, peut-être. Isolde en tout cas, pour sûr. Ils n’étaient pas partis dans les meilleures conditions, ni pour les meilleures raisons qui soient – mais ils étaient partis, Woodway était loin derrière eux, et ils n’pourraient pas y retourner, quoiqu’il se passe. Le voudraient-ils ? Le DeMaggio, lui, n’pouvait s’empêcher d’aspirer, pour eux trois, bientôt eux quatre, que bien assez tôt, ils n’en aient pas envie. Woodway avait été trop dangereuse. Woodway avait été pleine de trop de menaces, d’adversaires qui n’existaient plus, ici et maintenant. C’était tellement différent, que ça en paraissait presque vide, ouais. Pourtant, c’était pas demain la veille qu’il rêverait d’voir son père sur le pas de sa porte ; Boston, c’était leur nouveau départ, hein ? Il n’savait pas où ils allaient, pour combien d’temps – comment ; est-c’que la route s’annonçait sinueuse ? Il semblait bien. Au moins, ils avaient toujours leurs cartons de faits, aux trois quart. Et beaucoup d’choses dans cette ville où ils n’avaient même pas mis les pieds : ici et là, avec son travail, Cesare essayait d’mémoriser ce qui en valait la peine, ce qui pouvait les intéresser, mais ici, c’était tellement différent du petit patelin auquel ils avaient été habitués, qu’il s’demandait s’ils arriveraient un jour à complètement connaître Boston. « Ouais, peut-être qu’on devrait faire ça. » il reconnut, songeur, alors qu’il était question de l’hôpital : elle savait qu’il détestait ça, d’toute manière, les hôpitaux. Qu’il s’en méfiait comme d’la peste et qu’il serait bien le dernier à qui demander des conseils. Les gens, quand ils déménageaient normalement, ils demandaient à leur médecin comment faire, qui consulter, quoi essayer ; eux, ils n’en avaient pas eu l’occasion – et sûrement que depuis Woodway, personne n’aurait su leur donner une bonne adresse dans le Massachussetts. Il n’pouvait pas y arriver de mauvais hôpital, incapable d’assurer pendant un accouchement de toute manière, hein ? Aux dernières nouvelles, le bébé était en bonne santé, la grossesse se passait bien, pourquoi s’inquiéter, donc ? Ils n’en étaient pas encore au stade assuré de préparer un accouchement à la maison, cela dit ; Cesare en eut un ricanement sardonique alors qu’il observait Isolde, un sourire en coin : « Tu vas t’mettre à écouter toutes les idées des voisines ? Parce que des fois, elles en ont des bizarres… » même lui il le savait, pour le peu de temps qu’il passait en compagnie d’ces femmes – elles, elles trouvaient déjà que c’était bien qu’il travaille, que sa femme reste à la maison, comme si c’était l’équilibre indispensable à toute famille. C’n’était pas à lui de penser ce qu’il était mieux pour Isolde de faire – mais quoiqu’il en soit, il savait très bien que rester à la maison, à s’occuper du ménage, d’être ‘maman’ comme si c’était un job à part entière, ça la rendrait dingue. « Si t’accouches ici, j’peux te garantir qu’il est hors de question que j’assure en quoique ce soit. » et même s’il rit, venant à hauteur d’Isolde pour passer ses bras autour de ses hanches, c’était la plus stricte vérité : elle le savait, ils avaient échappé de peu à une catastrophe de ce genre, avec Clara. Et il n’estimait pas avoir bien géré la situation. « Moi j’pensais surtout à prendre… quelques jours de congé, avant que le bébé n’arrive. » c’était trop compliqué pour Isolde, de tout faire avant l’accouchement – il n’était pas seulement question des cartons, mais de beaucoup d’autres choses, et de la chambre de ce futur enfant, par exemple. « Et-… même après. Surtout si Clara est là. Au pire, ça te donnera du temps pour t’concentrer sur envoyer des candidatures, si tu veux reprendre le travail. » ‘au pire’, il n’savait pas vraiment comment dire ça ; ça n’avait été recommandé par aucun médecin qu’Isolde se lance aussi vite après son accouchement, dans une véritable campagne politique pour devenir maire – mais elle l’avait fait. Y’aurait plein d’autres choses à gérer, notamment la recherche de cette stupide crèche, de toute façon.

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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Sam 11 Nov - 13:40

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cesare demaggio & isolde saddler.

Isolde savais très bien que Boston avait été la meilleure chose à faire pour le bien de leur famille. Ils n'avaient pas été en sécurité à Woodway. Il s'agissait d'une réalité qui ne datait pas d'hier. Cela faisait des années et des années que cette ville n'était plus un lieu où il faisait bon vivre. Sans doute que pour Cesare ça ne l'avait jamais vraiment été. Elle savait bien qu'il n'avait pas eu l'enfance la plus joyeuse possible, au contraire la vie je l'ai DeMaggio semblait avoir été un véritable cauchemar. Isolde elle, elle n'avait pas connu tout ça. Elle avait eu de la chance elle de naître dans une famille où elle avait été aimée et protégée par son père en toutes circonstances. Alors, pour elle, Woodway, ce n'était pas synonyme que de mauvaises choses. Elle avait passé toute sa vie dans cette vie, c'est bien que le monde extérieur elle n'en connaissait pas grand-chose. C'étais bizarre alors, de se retrouver maintenant à Boston. Souvent dans son esprit, la blonde avait tendance à faire des comparaisons entre les deux villes et pourtant elles n'avaient rien en commun. Plus jeune, elle avait pourtant rêvé de quitter Woodway pour aller vivre dans une plus grande ville. Elle avait tout particulièrement voulu partir pour New York. Toutes les fois où elle s'était imaginée aller vivre ailleurs, elle n'avait jamais envisagé Boston. Elle ne savait pas trop pourquoi ils avaient choisi cette ville. Et maintenant ils étaient là et Isolde, elle savait bien il n'y avait pas de retour possible en arrière. C’était la vie de leur fille qui avait été menacée alors, il était évident que la blonde elle ne voulait pas retourner là-bas. Elle était de ceux qui n’aimaient pas trop qu'on perturbe ses habitudes et pourtant, elle se disait qu'elle finirait bien par s'y faire à Boston. Après tout, tant qu'elle était avec sa famille le lieu n'avait pas beaucoup d'importance.

C’était bizarre et déstabilisant, mais Isolde, continuait de se dire, qu'il n'y avait aucune raison pour qu'elle ne s'y habitue pas. Boston et après tout une très jolie ville et même si à cause de sa grossesse elle n'avait pas l'occasion de sortir beaucoup elle pouvait au moins naviguer sur internet à la recherche de tout ce qui pourrait l'intéresser dans cette ville. Elle pouvait au moins admettre que l'avantage de vivre dans une grande ville c'était qu'il y avait beaucoup plus d'activité à faire que dans une petite ville. Ouais, fallait quand même admettre que Woodway à part des trucs pour les vieux il y avait pas grand chose de passionnant à faire. Ils avaient quand même encore du boulot Cesare et elle pour découvrir et connaître la ville dans laquelle ils vivaient à présent. Il était grand temps qu'elle s'occupe de cette histoire d’hôpital parce que le bébé n'allait pas attendre qu'elle soit prête pour venir au monde. Vu comment ça s'était passé avec Clara elle savait bien que ça pouvait arriver n'importe quand. «  Je vais essayer de m'en occuper rapidement. » Et logiquement ça ne prenait pas bien longtemps prendre le téléphone pour prendre rendez-vous avec un médecin dans un hôpital, il fallait croire que depuis quelques temps elle avait développé une forte capacité à tout repousser à plus tard. Au moins, elle avait une bonne excuse, sa grossesse l'épuisait assez pour qu'elle oublie la moitié des choses qu'elle disait devoir faire. Cela dit elle ne s'inquiétait pas trop après tout c'était normal d'être fatiguée quand on était enceinte. Pour le coup elle pouvait même compter sur les voisines pour le lui rappeler comme quoi il y avait quand même des trucs pour lesquels elle avait de bonnes raisons de les écouter. «  Non, t'en fais pas, j'ai pas pour ambition de devenir une parfaite femme au foyer. Cela dit, elles sont très gentilles. » Elle haussa les épaules, elle avait tendance à facilement critiquer les femmes au foyer juste parce que ce n'était pas la vie qu'elle, elle recherchait. Mais elle pouvait quand même admettre qu'elles étaient gentilles et accueillantes, les femmes du quartier elle avait l'occasion d'aller leur parler au moins ça lui faisait du bien parce qu'elle pouvait avoir une véritable conversation ce qui n'était pas franchement le cas avec Clara. La petite ne faisait encore que des bouts de phrases incomplètes et pas toujours compréhensibles. «  Ah, les hommes ... » La jeune femme leva les yeux au ciel, un sourire dessiné au coin des lèvres. Heureusement, il n'était de toute façon pas question qu'elle accouche à domicile, ça lui ferait bien trop peur. Pour sa santé comme pour celle du bébé elle préférait largement l'hôpital. Elle déposa un baiser sur les lèvres de Cesare tout en posant ses mains sur ses épaules. «  J'aime beaucoup cette idée. Tu crois que ce sera possible ? » Elle, elle avait vraiment envie qu'il puisse rester avec elle, mais il avait un patron à qui il fallait bien il demande l'autorisation et puis financièrement est-ce que ça n'allait pas poser problème ? Elle ne savait pas trop où ils en étaient de ce point de vue là, mais ils venaient tout juste de déménager et ça coûtait cher un déménagement. «  Ouais, mais je pense pas reprendre tout de suite après. C'est ce que j'ai fait après Clara et ça fait partie des choses que j'aimerais faire mieux que la dernière fois. » Ils en avaient déjà parlé, de faire mieux avec ce bébé qu'avec le précédent. Et même si elle s'ennuyait un peu à la maison elle voulait pouvoir passer du temps avec son bébé. «  Mais, si tu restes avec nous ce sera forcément encore mieux. » Elle n'allait certainement pas se mettre à râler sur l'idée de passer plus de temps avec lui. Peut-être qu'en plus, pour lui aussi rester avec elle et le bébé ça faisait parti des trucs qu'il voulait faire différemment. Il n'avait pas été là pour Clara, pour des raisons compliquées liées à sa famille et à Woodway, des trucs dont ils n'avaient plus à se soucier maintenant qu'ils étaient d'ici. Fallait voir le bon côté des choses après tout ils étaient à Boston maintenant, ils avaient vraiment l'occasion de faire les choses d'une meilleure façon que la fois précédente alors autant en profiter. Elle était certaine Isolde que ça ne pourrait que les aider à mieux accepter ce changement de vie.
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MessageSujet: Re: (cesare), you always make it light.   Lun 13 Nov - 17:05

Déménager, avoir un nouveau boulot, définitivement laisser derrière lui toute sa famille et son passé. L’attente imminente d’un deuxième enfant. Ca faisait beaucoup de choses qui changeaient d’un coup comme ça. Peut-être bien alors que Cesare, d’où il était, il était au moins un peu capable d’comprendre ce qu’Isolde pouvait ressentir. Pour l’enfance qu’il avait connue à Woodway, ce n’serait pas cette ville, son lycée ou ses habitants qui lui manqueraient – et il n’leur manquerait pas non plus. Désormais, elle pouvait littéralement imploser à cause de la guerre entre les mutants et les hunters, qu’il n’en aurait plus rien à faire – lui, personnellement, il n’en avait plus rien à faire depuis belle lurette. Depuis la mort d’Aria. Il avait toujours su, au-delà de ce traumatisme, que quoiqu’il arrive, il ferait tout pour protéger les quelques rares personnes qui demeuraient proches de son cœur meurtris ; Isolde, Clara, il avait au moins réussi à sauver quelques parcelles de ce qui avait pu faire son existence, depuis un certain temps. Skylar était partie de son propre côté – elle avait sauvé sa propre peau et pris son envol. Quant à Gabriela, unique alliée restante dans sa famille, il n’savait tout simplement pas où elle était – et égoïstement, comme à de nombreuses occasions, il n’avait pas eu le désir ou la dévotion, de mettre sa famille, sa fille, plus en danger, pour essayer de le découvrir. De toute manière, pendant combien de temps est-ce qu’il ne l’avait pas vue ? Peut-être bien qu’elle avait quitté Woodway bien avant qu’ils n’y pensent, Isolde et lui, et qu’elle n’avait tout simplement pas eu l’intention de lui envoyer le moindre signe de vie. Elle avait ses propres enfants à protéger, son avenir à construire : à croire que d’façon tacite, sans jamais se l’dire, ils étaient arrivés à la conclusion qu’ils s’en sortiraient mieux sans être dans la vie de l’un et de l’autre. Après tout, qu’est-c’que ça valait encore, pour eux, aujourd’hui, la famille de sang ? C’était les DeMaggio et les Rivera ; et le brun avait été bien content d’laisser son père derrière lui, en taule, à Woodway. Tout comme Gabriela avait, elle, été bien contente de récupérer son fils d’entre les mains assassines de ses parents, les assassinant dans la volée, afin qu’ils ne puissent plus jamais lui nuire. Ils n’avaient plus rien de cette famille qu’ils avaient toujours connue ; Cesare n’avait plus sa mère, plus sa sœur, les quelques personnes qu’il aurait bien pu vouloir sauver. Son père, son père lui, il n’avait qu’à moisir dans son coin d’monde, s’faire oublier et disparaître, tout comme le patronyme des DeMaggio disparaîtrait quand il mourrait, lui. C’était encore la dernière victoire orgueilleuse qui le raccrochait au devoir de n’pas donner son nom à ses enfants – perpétrer ce nom, c’était comme risquer de faire survivre ‘l’héritage’ qui allait avec, la chasse, le meurtre, les enfances traumatisantes, les choses dont il n’voulait pas parler, et auxquelles il ne mêlerait jamais ni Clara, ni ce bébé qui viendrait. Tant pis pour la fierté – il n’en avait pas vraiment, quand il était question de son patronyme ; il était, alors, bien plus fier de voir ses filles porter le nom de leur mère – qu’ils fassent survivre celui-là, le nom d’un homme qui s’était sacrifié pour sauver sa fille, bien plus que celui d’un type qui avait détruit toute sa famille dans un feu destructeur, sans aucun état d’âme.

Tout ce qu’il pouvait espérer, Cesare, qu’il le mérite ou non, c’était d’pouvoir se défaire de tout ça maintenant qu’ils étaient ici, à Boston. N’était-ce pas l’unique volonté qui lui avait permis de tenir, à Woodway ou à travers bien des épreuves ? Ils avaient laissé Insurgency derrière eux, les hunters également, et toutes ces histoires – qu’est-ce qu’il se passerait, pourtant, si les circonstances déplaisantes qui avaient motivé leurs existences pendant des années, devaient se répéter, même ici ? Comme un cancer, la haine et la destruction, les rattrapant partout où ils iraient ? Etaient-ils vraiment là pour tourner la page, quitte à changer ce qu’ils étaient vraiment, au fond ? Cesare essayait en tout cas, il n’écoutait pas les arguments de ses supérieurs, quand on lui parlait de la SPC, des choses qu’il pourrait faire là-bas ; même quand il s’emmerdait à passer une journée à écrire des contraventions et à les coller sur un pare-brise comme s’il n’pouvait pas mieux faire – tant pis, c’était toujours mieux, hein, que c’qu’il avait connu et fait à une certaine époque de sa vie. Pour lui, ouais, partir s’accompagnait d’la décision d’changer ; changer pour Clara tout comme ils étaient partis pour elle – il l’avait dit, non, qu’il n’voulait surtout pas que leur, elle grandisse comme il avait grandi ? Et que ce soit la cause des hunters, ou la cause des transmutants, il n’voyait pas vraiment la différence – c’était une guerre acharnée qui tuait les gens, et transformait les survivants en tueurs. Isolde et lui, tous les deux, ils avaient du sang sur les mains ; comment pourraient-ils vivre avec eux-mêmes, s’il en était de même pour les enfants qu’ils avaient juré de protéger ? Peut-être alors, que c’n’était pas plus mal que la blonde en soit à discuter avec les femmes au foyer du quartier – elles devaient avoir une idée bien définie sur les transmutants, et des avis bien tranchés sur tout ce qui pouvait se passer dans le pays. Il n’en restait pas moins qu’elles étaient juste des personnes, et non pas des assassins, des gens qui pourraient nuire à Clara. Ça devait faire un drôle de changement, que d’parler de cuisine, d’enfants et d’autres choses tout à fait habituelles, avec des femmes tout à fait habituelles, elles aussi. La pensée fit ricaner le DeMaggio, tout autant que la réplique de son épouse lui fit arquer un sourcil incrédule. « Hm, j’vais avoir besoin de récupérer ma femme. Alors quoique vous en ayez fait, rendez-la moi. » qu’il plaisanta, même, en l’observant d’un air malicieux. Il n’aurait jamais cru entendre un jour Isolde parler des femmes au foyer du coin d’une bonne façon ; elle avait eu une vision des choses relativement ferme et tenace, elle aussi. Y’avait que les abrutis qui n’changeaient pas d’avis, hein ? « Ou peut-être que ça change, d’pas parler d’attentat, de groupes armés ou de transmutants. » et il espérait que ça changeait, dans le bon sens du terme – d’une façon reposante au moins, parce qu’ils avaient bien mérité un break, quand bien même ils étaient toujours ceux qui s’étaient battus pendant tellement de temps, pour obtenir ce qu’ils avaient réussi à obtenir, à Woodway. Pendant bien longtemps, ils avaient été plus doués à faire la guerre à p’tite échelle, qu’à être des parents vraiment prêts à assumer leurs rôles ; probablement que lui, il avait planté bien plus de choses qu’Isolde. Mais il savait aussi, que la jeune femme elle-même, se jugeait bien sévèrement – elle s’jugeait autant qu’il s’jugeait lui. « Ouais, faut croire que j’suis un cliché d’homme. Une scène de c’genre ruinerait le sexe pour moi. Pour toujours. » même s’il ne connaissait pas ses limites à ce niveau-là, il espérait quand même que cette blague resterait une blague. Après tout, ils n’étaient pas totalement à l’abri d’un imprévu qui ferait qu’elle accoucherait ici-même sans qu’ils n’aient le temps d’aller à l’hôpital. Ca arrivait, non ? Tout ce sur quoi ils pouvaient se reposer, c’était la maladresse évidente dont il avait fait preuve, quand elle avait eu ses premières contractions, quand elle avait été enceinte de Clara – et ça n’avait pas été beau à voir. Au moins, ça leur avait permis d’atteindre un point de dialogue qu’ils avaient presque cru avoir perdu, avec le temps et la rancœur et les difficultés. Changer, fallait croire que c’était la base de tout, ici à Boston ; et même si c’était déstabilisant et déroutant encore aujourd’hui, ça n’pouvait pas être qu’une mauvaise chose. « Techniquement j’ai droit à un congé parental, ouais. Et comme ils ne me paieraient pas, j’vois pas ce qu’ils auraient à dire contre… » la moue qu’il eut, afficha clairement l’opinion qu’il avait à ce sujet – même Isolde, si elle avait dû se trouver un job maintenant, elle n’aurait même pas été payée pour son congé maternité. C’était quoi ces conneries, franchement ? Ouais, c’n’était que maintenant qu’il avait vraiment l’occasion de s’en préoccuper, que Cesare s’rendait compte d’au combien la société était nulle, dans ce pays. « Comme tu veux. » dit-il, haussant les épaules ; ils n’en étaient pas à avoir besoin qu’elle reprenne le boulot comme une acharnée – et il savait que même si elle les appelait ‘gentilles’, Isolde n’en était pas encore à aspirer à devenir comme les femmes au foyer du quartier. « Ouais… je peux rester avec vous. » l’idée le fit sourire, alors que sa main glissait pour venir caresser le ventre rebondi de la jeune femme. « Clara pourrait finir jalouse, tu sais. Ou alors le bébé pourrait beaucoup pleurer la nuit… J’vais pas te laisser te lever à chaque fois, quand même. » et peut-être même qu’il serait le premier à se réveiller, lui qui bondissait dès le moindre bruit, force d’habitude – et Isolde qui serait épuisée par un autre accouchement. Et peut-être que beaucoup d’autres choses pourraient arriver, hein ; peut-être aussi que tout simplement, ils avaient droit à un peu d’temps, tous les quatre.

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lost in the thoughts of you.
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it's not easy to express your feelings about how much you care about someone, and how much they've done for you, and shaped you as a person. how can you summarize how he feels in that moment and how much she means to him, in one sentence?

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